Le Burkina Faso ouvre une nouvelle phase de son offensive agricole pour la période 2026-2028, avec l’ambition de renforcer la production nationale, de créer des emplois et de consolider les bases de la souveraineté alimentaire. Après une première étape présentée comme porteuse de résultats encourageants, cette nouvelle séquence entend amplifier les efforts engagés et répondre plus efficacement aux besoins des populations.

Dotée d’une enveloppe annoncée de 840 milliards de francs CFA, cette offensive agricole repose sur plusieurs priorités : accroître les capacités de production, moderniser les infrastructures rurales, développer l’hydraulique agricole et favoriser la transformation des produits locaux. L’objectif affiché est également de générer près de 125 000 emplois, notamment au profit des jeunes et des femmes, deux catégories essentielles à la dynamisation du secteur agricole.

L’accès à l’eau constitue l’un des piliers de cette stratégie. Le développement des aménagements hydroagricoles, la réhabilitation des retenues d’eau et l’amélioration des systèmes d’irrigation doivent permettre de réduire la dépendance aux précipitations. Une meilleure maîtrise de l’eau pourrait ainsi favoriser la production durant plusieurs périodes de l’année, renforcer la résilience des exploitations et limiter les effets des changements climatiques.

La nouvelle phase accorde une attention particulière à plusieurs filières jugées stratégiques. Le riz figure parmi les productions prioritaires, dans l’objectif de réduire les importations et de satisfaire davantage la demande nationale. Le lait, le soja, le sésame, l’arachide et le karité occupent également une place importante dans le dispositif. Ces filières présentent des opportunités en matière de transformation industrielle, de revenus pour les producteurs et de développement des chaînes de valeur.

Au-delà de l’augmentation des volumes produits, l’enjeu sera de mieux organiser les acteurs, d’améliorer l’accès aux intrants, de faciliter le financement et de garantir l’écoulement des récoltes. La transformation locale devra aussi permettre de créer davantage de valeur ajoutée et de réduire les pertes après récolte.

Avec cette offensive 2026-2028, le Burkina Faso entend faire de l’agriculture un moteur de croissance, d’emploi et d’indépendance économique. Sa réussite dépendra toutefois de la coordination des acteurs, du suivi des investissements et de la traduction concrète des objectifs annoncés sur le terrain.