Depuis sa création le 22 janvier 2023 par le président Ibrahim Traoré, le Fonds de soutien patriotique (FSP) s’est imposé comme la pierre angulaire du financement endogène de la résistance burkinabè. En un peu plus de trois ans, le mécanisme a mobilisé plus de 660 milliards de FCFA, une trajectoire quasi linéaire qui témoigne d’un engagement citoyen constant : 99 milliards en 2023 (99,04 % de l’objectif), 175 milliards en 2024 (117,12 %), plus de 222 milliards en 2025 (148,57 %), puis 162,388 milliards au premier semestre 2026, soit déjà 81,19 % de l’objectif annuel de 200 milliards.
Cette montée en puissance repose sur une architecture de contribution large : prélèvements volontaires sur les salaires et primes des agents publics et privés, taxe sur les biens de consommation, et obligation pour les entreprises de reverser 2 % de leur bénéfice annuel. Les prélèvements fiscaux constituent la première source de recettes, devant les contributions des entreprises 78,3 milliards de FCFA collectés au premier semestre 2026 à elles seules. La diaspora n’est pas en reste : des communautés burkinabè de Nairobi, du Ghana, des États-Unis ou d’Italie ont multiplié les dons ces derniers mois, preuve que l’élan patriotique dépasse les frontières nationales.
Au-delà de la collecte, c’est l’usage des fonds qui donne sa pleine mesure au FSP. Les ressources financent en priorité la prise en charge des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) fonctionnement, formation, rémunération ainsi que l’acquisition d’équipements stratégiques pour les forces engagées sur le terrain. Mais le Fonds dépasse le seul cadre sécuritaire : il a également permis la réalisation d’infrastructures structurantes, dans la continuité d’initiatives sœurs comme Faso Mêbo, dédiée au désenclavement routier et à la modernisation urbaine.
La gouvernance du dispositif s’élargit elle aussi : quatre nouvelles organisations de la société civile dont le CIFOEB et la CNAVC ont récemment rejoint le Conseil d’orientation du FSP, renforçant la représentativité et la transparence revendiquées par les autorités. Comme l’a résumé le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le FSP incarne « un mécanisme souverain, impulsé au plus haut niveau de l’État », devenu un véritable levier structurant de résilience nationale la preuve, chiffres à l’appui, qu’un peuple mobilisé peut financer sa propre reconquête.
Ronny B.
