Le Togo participe au Sommet mondial sur l’intelligence artificielle et le numérique, ouvert le lundi 19 octobre 2026 à Séoul, en Corée du Sud. Le pays y est représenté par la ministre chargée de la Transformation numérique, Cina Lawson, qui doit présenter quatre initiatives illustrant le potentiel des technologies numériques pour le développement. Son intervention est prévue le mercredi 21 octobre, lors d’une session consacrée au potentiel de l’IA dans les économies en développement : création d’emplois, productivité et accès aux services essentiels.

Premier dossier mis en avant : Novissi, le programme de transferts monétaires lancé pendant la pandémie de Covid-19 pour soutenir les populations vulnérables. L’initiative avait mobilisé des outils numériques pour identifier les bénéficiaires et faciliter la distribution des aides sociales — un exemple concret d’usage de la technologie au service de l’action publique.

Le Togo présentera également ses programmes de formation aux compétences numériques, couvrant l’intelligence artificielle, la programmation informatique et l’anglais. L’objectif est de renforcer les capacités des jeunes et de faciliter leur accès aux emplois de l’économie numérique.

Troisième initiative : « Voix du Togo », un projet de développement de ressources linguistiques destiné à permettre aux systèmes d’IA de mieux comprendre les langues nationales. Il s’agit de faire en sorte que les technologies numériques prennent en compte les réalités linguistiques du pays, et non l’inverse.

Enfin, le Projet d’accélération numérique, soutenu par la Banque mondiale, vise à étendre la connectivité aux écoles, aux établissements de santé et aux administrations locales afin de favoriser l’accès aux services numériques.

À travers ces quatre dossiers, Lomé entend démontrer que le numérique peut améliorer les services publics, renforcer les compétences des jeunes et adapter les nouvelles technologies aux besoins réels des populations.

L’enjeu de l’emploi des jeunes est central au sommet. Selon les projections évoquées par les organisateurs, 1,2 milliard de jeunes des pays en développement arriveront sur le marché du travail au cours des 10 à 15 prochaines années. La question posée à Séoul est simple : ces jeunes seront-ils formés et connectés pour saisir les opportunités de l’économie numérique, ou laissés en marge d’une révolution technologique qui se joue sans eux ?

Organisé jusqu’au 22 octobre par le Groupe de la Banque mondiale, en collaboration avec les ministères sud-coréens chargés des Finances et de l’Économie et des Sciences et des TIC, le sommet réunit dirigeants, partenaires au développement, entreprises, chercheurs, représentants de la société civile et jeunes. Pour le Togo, y prendre la parole n’est pas anodin : c’est affirmer qu’un pays à revenu faible peut être concepteur, et non simple consommateur, de solutions technologiques.