Les professionnels togolais du manioc ont décidé de saisir une opportunité commerciale majeure. En avril 2026, l’Interprofession du Burkina Faso a en effet formulé une demande portant sur 80 000 tonnes de pâte de manioc. Pour concrétiser cette ouverture, une rencontre d’affaires s’est tenue à Lomé au début du mois, sous l’égide du Projet de Promotion des Filières Horticoles au Togo (PROFIT).

Producteurs, transformateurs et acheteurs des deux pays y ont multiplié les échanges B2B. Au menu des discussions : les volumes mobilisables, les capacités de transformation disponibles, les exigences de qualité, les prix pratiqués, mais aussi le conditionnement et les solutions logistiques à mettre en place.

Cette perspective d’exportation trouve son socle dans la dynamique ascendante de la production nationale de manioc. Celle-ci est passée de 1,2 million de tonnes en 2021 à 1,31 million de tonnes en 2023, signe d’un potentiel croissant.

Initié en 2024 grâce à un financement de 29,88 millions de dollars octroyé par le département américain de l’Agriculture (USDA), le PROFIT concentre son action sur trois filières : le manioc, le piment et le gombo. Ses ambitions sont claires : accroître la productivité, développer la transformation locale et ouvrir plus largement les portes des marchés aux acteurs concernés.

Étalé sur cinq ans, ce programme entend mobiliser 25 000 producteurs et organiser 1 000 groupements et coopératives. Mais l’enjeu immédiat reste de transformer cet intérêt commercial en contrats fermes. Un accompagnement dédié est d’ores et déjà prévu pour acheminer les échantillons, négocier et valider les prix, puis formaliser les accords commerciaux entre le Togo et le Burkina Faso.