Récemment, le Président Daniel Chapo promulguait une loi que le gouvernement mozambicain présente comme une étape charnière de sa stratégie économique : la création de la Banque nationale de développement. Adoptée par le Parlement en mai, sur proposition du chef de l’État lui-même, l’institution est dotée d’un capital social d’environ 32 milliards de meticais, soit 501 millions de dollars, intégralement souscrit par l’État, avec la possibilité d’ouvrir ultérieurement une partie du capital à d’autres investisseurs.
Sa mission est de structurer, financer et promouvoir les projets jugés stratégiques pour le développement du pays, tout en appuyant la mise en œuvre des politiques publiques économiques et sociales. Le communiqué gouvernemental accompagnant l’annonce présente cette banque comme un levier destiné à « promouvoir les investissements productifs, renforcer l’économie nationale, soutenir les initiatives créatrices d’emplois, accroître la compétitivité et impulser un développement durable ».
Cette initiative intervient dans un contexte social préoccupant. Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté au Mozambique est passé de 48,4 % en 2014-2015 à 62,9 % en 2022, tandis que les indicateurs de développement humain figurent parmi les plus faibles au monde. À cela s’ajoutent des contraintes budgétaires sévères des arriérés sur le service de la dette équivalant à 1,3 % du PIB fin 2025 et un accès chroniquement limité des petites et moyennes entreprises au financement, frein structurel à la diversification économique du pays.
En dotant le Mozambique d’un outil financier public dédié, Daniel Chapo entend combler ce vide et donner à l’État les moyens de peser directement sur l’orientation des investissements, plutôt que de dépendre exclusivement des bailleurs internationaux ou du secteur bancaire commercial, historiquement plus prudent envers les PME locales. La Banque de développement devrait ainsi jouer un rôle moteur dans le renforcement du tissu productif national, l’extension des infrastructures et la dynamisation de l’activité économique à travers l’ensemble des provinces du pays.
Reste que le succès de cette ambition dépendra de sa gouvernance et de sa capacité à mobiliser des ressources dans un contexte budgétaire tendu un test de crédibilité pour une présidence qui a fait de la croissance inclusive l’un des piliers de son mandat.
Cyril T.
