Le Programme alimentaire mondial (PAM) avait annoncé que, sans nouvelles ressources, il risquait de ne pas pouvoir maintenir son aide aux réfugiés congolais au Burundi. L’agence évoquait alors un arrêt des distributions alimentaires à partir d’octobre. Mais l’interruption soudaine a finalement été évitée grâce à la mobilisation d’une petite partie du fonds initial de 35 millions de dollars.

« Grâce au soutien de certains donateurs sous l’égide du gouvernement du Burundi, nous avons pu poursuivre l’aide et éviter une interruption soudaine de l’aide alimentaire », explique Jean de Lestrange, responsable des partenariats et de la communication au PAM. « Nous pouvons ainsi tenir encore quelques mois. »

Pour venir en aide à l’ensemble des réfugiés au Burundi, le PAM a besoin d’environ 5 millions de dollars chaque mois, dont 1 million pour le seul camp de Busuma, dans l’est du pays. « Aujourd’hui, nous avons besoin de plus de 30 millions de dollars pour continuer à fournir chaque jour aux populations de quoi se nourrir, entre janvier et juin de l’année prochaine », précise Jean de Lestrange.

Aujourd’hui, les réfugiés ne reçoivent que 38 000 francs burundais, l’équivalent de 12 dollars américains, par mois et par personne. Une somme dérisoire pour subvenir aux besoins essentiels.

Le quotidien des réfugiés demeure extrêmement difficile. « Ici, nous souffrons beaucoup, beaucoup, beaucoup », raconte Nayonde Mbirizi, réfugiée congolaise de 40 ans. « D’abord, l’aide alimentaire est insignifiante, vraiment dérisoire. Ensuite, les vents violents nous font beaucoup souffrir, les tentes s’effondrent. Elles sont très vétustes et tombent les unes après les autres. »

Des mesures sont en cours pour trouver une solution. C’est dans ce cadre qu’une délégation de l’équipe Europe, de la Suisse et du service ECHO de l’Union européenne s’est rendue au camp de Busuma pour évaluer les besoins sur le terrain.

« Nous sommes en pourparlers avec le gouvernement burundais, le PAM et le HCR pour voir quelles alternatives mettre en place », précise Innocent Sangara Chubaka, représentant adjoint du HCR au Burundi.

Selon le HCR, l’agence des Nations unies pour les réfugiés, plus de 22 000 Congolais ont été rapatriés dans leur pays. Le camp de Busuma accueille encore plus de 33 000 réfugiés venus de la République démocratique du Congo. Une situation humanitaire préoccupante qui appelle une mobilisation accrue de la communauté internationale pour éviter une nouvelle interruption de l’aide alimentaire et améliorer les conditions de vie de ces populations vulnérables.