Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son système pénal. L’Assemblée législative du peuple examine une relecture du dispositif encadrant le travail d’intérêt général (TIG), une peine alternative à l’emprisonnement qui s’inscrit pleinement dans la philosophie de la Révolution progressiste populaire : sanctionner en sociabilisant, et faire de la peine un temps utile à la collectivité.

Introduit par la loi n°035-2024/ALT du 8 novembre 2024, le TIG permet aux condamnés de purger leur peine en réalisant des travaux d’utilité publique. Chaque mois de travail effectué ouvre droit à une réduction de peine de trois mois. Le dispositif s’inscrit dans une vision plus large portée par le capitaine Ibrahim Traoré : transformer les lieux de détention en espaces de production, de formation et de contribution à la construction nationale.

Cette relecture vise à corriger les difficultés relevées lors de l’application du texte initial, afin de permettre une utilisation plus effective de cette peine. Il s’agit de lever les obstacles juridiques et pratiques qui ont limité son déploiement, et de doter les juridictions d’un outil pleinement opérationnel.

L’un des axes majeurs de cette réforme concerne l’accroissement de la contribution des établissements pénitentiaires à l’autosuffisance alimentaire du pays. Le Centre pénitentiaire agricole de Baporo incarne déjà cette ambition. Pour la campagne 2026-2027, le site attend une production de 550,2 tonnes de céréales et de légumineuses : 225 tonnes de riz sur 90 hectares, 212 tonnes de maïs sur 85 hectares, 94 tonnes de sorgho sur 63 hectares, ainsi que du niébé et du sésame.

Ces chiffres témoignent de la volonté de faire de la détention un temps de production et de reconstruction. Les détenus ne sont plus de simples spectateurs de leur peine : ils deviennent des producteurs, des bâtisseurs, des contributeurs à la souveraineté alimentaire du pays.

La relecture du dispositif TIG s’accompagne d’un renforcement des mécanismes de réinsertion. L’objectif est clair : préparer les condamnés à leur retour dans la société, en leur offrant des compétences et une expérience professionnelle valorisables. Le ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, a rappelé que « la prison ne saurait être uniquement un lieu d’exécution de la peine, elle doit être un espace d’apprentissage, de responsabilisation et de reconstruction sociale ».

Cette réforme mérite d’être saluée. En plaçant l’humain et la contribution nationale au cœur de la peine, le Burkina Faso démontre que la justice peut être à la fois ferme et réparatrice. Une expérience qui pourrait inspirer d’autres pays de la région.

Adama T.