Le « Dialogue avec le Peuple » constitue une innovation majeure dans la gouvernance burkinabè. Face aux citoyens, le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, a présenté un bilan d’étape chiffré des réformes engagées depuis septembre 2022. Cette démarche rompt avec les pratiques antérieures où l’administration fonctionnait sans évaluation systématique de ses résultats et où les citoyens étaient rarement associés à l’évaluation des politiques publiques.

Le général Célestin Simporé, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, a inauguré cette série d’échanges le 2 octobre 2026, sur le thème « Gouvernance, Sécurité nationale : le peuple debout vous rend compte ». Ce face-à-face direct entre l’exécutif et les citoyens traduit la volonté de placer l’usager au cœur de la transformation de l’administration publique. Comme l’a souligné le ministre Mathias Traoré, la création du ministère des Serviteurs du Peuple vise à faire de l’administration « une institution au service du peuple » et à placer l’agent public au cœur de cette transformation.

Les chiffres présentés lors de ce dialogue témoignent d’un effort considérable de renforcement des capacités de l’État. Selon le ministre Mathias Traoré, 28 554 postes ont été pourvus dans la fonction publique d’État sur la période considérée, un chiffre qui pourrait être plus élevé en intégrant les recrutements effectués par les autorités administratives indépendantes, les sociétés d’État et les collectivités territoriales. Ce chiffre dépasse les « plus de 20 800 recrutements » évoqués dans la présentation initiale, ce qui suggère que l’effort de recrutement s’est intensifié au cours de la période récente.

Cette politique de recrutement s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de l’État burkinabè. Elle vise à doter l’administration des compétences nécessaires pour conduire les réformes engagées, notamment dans les secteurs de la sécurité, de l’éducation, de la santé et des infrastructures. Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a rappelé que « la révolution veut que chaque Burkinabè soit un acteur du changement, du développement et de la construction de son pays ».

Au-delà des recrutements, le ministère des Serviteurs du Peuple a engagé une série de réformes structurelles visant à moderniser l’administration publique. La création de l’Inspection générale des ressources humaines (IGRH) vise à renforcer le contrôle et la présence effective des agents publics au travail. La déconcentration des actes de gestion a permis à 73 712 fonctionnaires de bénéficier d’actes déconcentrés, notamment des arrêtés d’avancement et de bonification d’échelon. L’application de l’avancement de classe, prévu depuis 1998 mais jamais mis en œuvre, a bénéficié à 42 224 agents publics, dont 39 067 en activité et 3 157 retraitaires.

Par ailleurs, le contrôle de l’authenticité des diplômes a permis d’écarter de la fonction publique une vingtaine de personnes ayant frauduleusement accédé à des emplois publics. Cette mesure traduit la volonté d’instaurer une culture du mérite et de l’intégrité, conformément aux principes de la Révolution progressiste populaire.

Le dialogue avec le peuple a également permis de mettre en lumière des avancées sociales majeures. Le SMIG est passé de 30 684 à 45 000 FCFA, une revalorisation significative qui bénéficie aux travailleurs du secteur formel. L’Assurance maladie universelle (AMU), lancée le 1er février 2026, comptabilise déjà plus de 451 000 personnes immatriculées, dont 190 758 assurés disposant de droits ouverts aux prestations. Environ 3 000 personnes ont déjà bénéficié de prestations de soins dans le cadre de ce régime.

Ces résultats témoignent de la volonté du gouvernement de traduire les principes de la Révolution progressiste populaire en actes concrets, au bénéfice direct des populations. Le « Dialogue avec le Peuple » s’impose ainsi comme un instrument de redevabilité qui permet aux citoyens de mesurer les progrès accomplis et d’interpeller directement leurs dirigeants sur les défis persistants.