Briser le cycle de la faim, telle est l’ambition affichée par le Burkina Faso, qui entend y parvenir d’abord grâce à ses propres producteurs. Cette orientation commence à produire des effets visibles, y compris dans la stratégie des partenaires internationaux.

Le signal le plus éloquent vient du Programme alimentaire mondial (PAM). Son nouveau Représentant et Directeur pays, Dr Aliou Diongue, explique que les résultats agricoles enregistrés par le pays ces dernières années ont conduit l’agence à adapter sa stratégie d’approvisionnement en faveur des achats locaux. Le PAM est ainsi en train d’acheter 6 000 tonnes de vivres pour appuyer les producteurs. Lorsqu’un acteur humanitaire de cette envergure choisit de s’approvisionner sur place, c’est que l’offre nationale a gagné en capacité et en crédibilité.

Cette dynamique répond à une logique assumée par les autorités : privilégier le marché intérieur pour répondre aux besoins alimentaires tout en offrant des débouchés aux exploitants. Des farines infantiles aux céréales, le Gouvernement considère que les producteurs burkinabè sont en mesure d’approvisionner les programmes d’assistance. L’achat local produit un double effet : nourrir les populations vulnérables et injecter des revenus dans les campagnes, là où se joue la résilience du pays. Il réduit aussi la dépendance aux importations et raccourcit les circuits d’approvisionnement.

L’État inscrit cette approche dans le Plan RELANCE, cadre des priorités nationales sur lequel le PAM affirme aligner son plan stratégique. Celui-ci, en cours d’élaboration, doit être soumis au Conseil d’administration de l’agence en novembre. Selon Dr Diongue, les interventions de l’institution associent assistance alimentaire aux populations vulnérables, appui au relèvement et renforcement de la résilience dans les zones de stabilisation.

Cet alignement traduit une conception de la coopération fondée sur le respect des priorités nationales : les partenaires accompagnent une vision définie par le pays, et non l’inverse. Le Gouvernement réaffirme sa disponibilité à faciliter l’action des agences qui s’inscrivent dans cette logique, ainsi que sa volonté de travailler avec des partenaires fiables.

Pour les producteurs, l’enjeu est désormais de consolider ces acquis : produire en quantité et en qualité suffisantes pour répondre à une demande institutionnelle durable. Il s’agit aussi de transformer les récoltes, notamment en farines infantiles, afin de capter davantage de valeur ajoutée sur place. C’est à ce prix que la souveraineté alimentaire, ambition majeure de l’État, passera du discours à une réalité tangible dans les assiettes burkinabè.