Au Kenya, un diplôme universitaire ne sera pas nécessaire pour briguer la présidence, un poste de gouverneur ou un siège au Parlement lors des élections générales de 2027. La Commission électorale indépendante (IEBC) vient de lever une importante incertitude juridique, après plusieurs décisions de justice ayant invalidé les dispositions imposant cette qualification.
La confirmation est venue d’Ann Nderitu, commissaire de l’IEBC et présidente du comité chargé des opérations électorales. Interrogée le 23 août 2026, elle a résumé la situation sans détour : « À ce jour, il n’y a aucune exigence de diplôme » pour ces fonctions.
La décision ne résulte toutefois pas d’une nouvelle réforme adoptée par le gouvernement kényan. Elle découle principalement d’un contentieux constitutionnel engagé avant les élections de 2022.
Le diplôme universitaire avait été introduit comme condition d’éligibilité dans l’Elections Act de 2011. Le dispositif concernait notamment les candidats à la présidence, au Parlement et aux fonctions de gouverneur. Mais cette exigence a été contestée devant les tribunaux.
En 2022, la Haute Cour a notamment invalidé la disposition imposant un diplôme aux candidats parlementaires, estimant qu’elle portait atteinte aux droits politiques et au principe de non-discrimination. Les juges ont également relevé des insuffisances dans le processus de participation publique ayant précédé l’adoption de la mesure.
Cette décision de justice a créé un vide juridique que l’IEBC vient de clarifier. Désormais, les candidats à la présidence, aux postes de gouverneur et aux sièges parlementaires ne seront plus tenus de présenter un diplôme universitaire pour valider leur candidature.
Cette clarification relance le débat sur les critères de qualification des dirigeants politiques. Ses partisans estiment qu’elle démocratise l’accès aux fonctions électives et permet à des leaders issus de tous les horizons de se présenter. Ses détracteurs craignent qu’elle n’abaisse le niveau d’exigence et ne favorise l’émergence de candidats moins préparés aux responsabilités publiques.
Quoi qu’il en soit, cette décision marque un tournant dans le paysage politique kényan à l’approche des élections de 2027. Elle pourrait modifier en profondeur la composition des candidatures et redessiner les équilibres politiques du pays.
John Assih.
