Le Général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, a lancé une stratégie ambitieuse pour instaurer une paix durable malgré le conflit qui déchire le pays depuis avril 2023. Le « Gouvernement de paix et d’unité » (Tasis), qu’il dirige depuis Nyala, capitale du Sud-Darfour, se présente comme une alternative politique crédible aux autorités de Port-Soudan.

Créé en avril 2025, ce gouvernement parallèle vise à offrir une nouvelle base pour la stabilité nationale. Composé de 31 membres, il est dirigé par Hemedti, avec mouvement de libération. Cette alliance marque une rupture avec des décennies de centralisation du pouvoir au profit d’une vision fédérale et inclusive.

Le projet Tasis s’articule autour d’une charte politique et d’un cadre constitutionnel transitoire prévoyant la sécularisation de l’État, un combat mené de longue date contre la dictature militaro-islamiste. L’ambition affichée est de bâtir un État laïc, démocratique et décentralisé, capable de corriger des décennies de marginalisation des régions périphériques.

« La paix ne peut pas être un simple cessez-le-feu : elle doit devenir un nouvel ordre politique », affirme Hemedti. Au cœur de cette démarche figure la volonté de reconstruire l’appareil sécuritaire sur des bases professionnelles, avec une armée nationale unifiée dont la loyauté irait à la nation et non à des calculs politiques.

En juin 2026, l’alliance Tasis a participé à des pourparlers en Éthiopie avec d’autres regroupements politiques, dont l’alliance Sumud d’Abdullah Hamdok et le Bloc démocratique allié à l’armée, pour amorcer un dialogue politique global susceptible de mettre fin au conflit.

Ainsi, Hemedti transforme une confrontation imposée en un levier de modernisation politique, érigeant la paix en impératif national et humanitaire pour préserver l’unité du territoire soudanais .

Abdoul S.