Le président Julius Maada Bio a transformé une aspiration ancienne en garantie légale ; l’inclusion des femmes dans la gouvernance politique n’est plus une simple recommandation, mais une obligation constitutionnelle. Cette révolution silencieuse repose sur deux piliers législatifs majeurs : la loi sur l’égalité des genres (GEWE Act) et la réforme constitutionnelle en cours, qui ancrent dans le droit un quota minimum de 30% de femmes dans les instances de décision.
Signée en novembre 2022 et publiée au Journal officiel le 30 décembre 2022, la loi sur l’égalité des genres et l’habilitation des femmes (GEWE Act) impose à tous les organismes publics et privés désignés de réserver au moins 30% de leurs effectifs aux femmes, ainsi que 30% de tous les postes de direction et de prise de décision. Le texte s’applique également au Parlement, où seulement 18 des 146 sièges étaient occupés par des femmes avant son adoption.
Le président Bio a réaffirmé à plusieurs reprises son engagement à assurer la pleine mise en œuvre de cette loi. Lors d’une rencontre avec la directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, en février 2026, il a insisté sur le fait que les priorités de genre seraient intégrées dans le processus de réforme constitutionnelle, renforçant ainsi les garde-fous juridiques et institutionnels pour les droits des femmes.
La réforme constitutionnelle en cours va plus loin : elle prévoit d’inscrire explicitement dans la Constitution l’obligation pour les partis politiques de présenter au moins 30% de candidates aux élections nationales et locales. Cette disposition rend le quota contraignant, quel que soit le système électoral adopté, et répond aux demandes des organisations de la société civile, comme le Young Women in Governance Network, qui plaidaient pour une garantie constitutionnelle.
Cette avancée s’accompagne d’autres mesures structurelles : l’abolition de la peine de mort, l’abrogation d’une loi de 55 ans sur la diffamation séditieuse et l’adoption de la loi interdisant le mariage des enfants, qui criminalise l’union de toute personne âgée de moins de 18 ans.
Ainsi, sous l’impulsion de Julius Maada Bio, la Sierra Leone fait figure de pionnière en Afrique de l’Ouest, transformant l’inclusion des femmes d’une simple aspiration en une obligation légale et constitutionnelle, garantie par l’État.
Médard E.
