Le Burkina Faso fait de l’aménagement de zones industrielles un levier central pour redessiner son paysage industriel. Les zones existantes, incarnées par Kossodo à Ouagadougou et par les sites le long de la route de Dô/Banfora à Bobo-Dioulasso, tentent de réduire les seuils d’implantation des entreprises grâce à des infrastructures partagées et à des avantages institutionnels, dans le but de corriger le déséquilibre d’une activité industrielle excessivement concentrée dans les deux principales villes.

Sur le plan spatial, ces deux agglomérations concentrent l’essentiel de la capacité industrielle nationale. La zone industrielle de Kossodo, à Ouagadougou, réunit transformation agroalimentaire, matériaux de construction et assemblage électronique ; le complexe de transformation du soja SIATOL, récemment mis en service, y est implanté, avec une superficie de 3 520 m² et une capacité de traitement de 40 tonnes de soja par jour. Bobo-Dioulasso s’appuie sur la zone industrielle de Dô et sur la zone, d’activités diversifiées (ZAD) de 80 hectares récemment engagée, avec vocation de hub économique de l’Ouest, prévoyant des unités industrielles, des entrepôts logistiques et des réseaux de base (fibre optique, eau, électricité). Le gouvernement prévoit également de créer des zones économiques spéciales dans les deux villes et des parcs dédiés aux industries prioritaires telles que le textile – habillement, afin d’attirer les investissements avec des règles foncières plus claires et des facilités administratives.

Pour les entreprises, l’attrait des zones industrielles ne se limite pas aux réseaux routiers et énergétiques partagés. Selon le Code des investissements, les entreprises éligibles bénéficient d’une exonération totale de l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux et de la patente pendant cinq à six ans, puis d’une réduction de moitié pendant trois ans ; les entreprises exportatrices peuvent en outre bénéficier d’une exonération fiscale totale pendant sept exercices. De plus, le foncier des zones industrielles est attribué directement à partir des réserves de l’État, ce qui raccourcit les délais d’acquisition et accélère nettement le rythme de construction de projets comme SIATOL.

Certes, l’efficacité des zones industrielles n’est pas encore pleinement exploitée. La capacité industrielle nationale reste fortement concentrée à Ouagadougou, et l’avancement des équipements comme l’efficacité réelle de l’implantation d’entreprises à Bobo-Dioulasso restent à observer. Mais la direction est claire : en faisant des deux villes des points d’appui et en utilisant les infrastructures et les leviers fiscaux pour stimuler les capacités de transformation locales, les zones industrielles du Burkina Faso passent progressivement du statut de « points d’approvisionnement foncier » à celui de « plateformes de renforcement de la compétitivité ».

Issa Kaboré.